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Report by On The Roots : Festi’neuch 2018 @ Neuchâtel .

Du 14 au 17 juin 2018 avait lieu la 18ème édition du festival Festi’neuch dans la ville de Neuchâtel en Suisse. La programmation éclectique comprenait entre autres : Chinese Man, Orelsan, Alice Roosevelt, Eddy De Pretto, Julien Clerc, Meute, Keny Arkana, Moonraisers, Arno, Bigflo & Oli, Romeo Elvis, Imany

  • JEUDI 14 JUIN 2018

Le festival ouvrait les portes dès 17h mais de notre côté, il est 19h30 lorsque nous arrivons sur le site des Jeunes-Rives, tandis que le concert de la britannique Lily Allen débute tout juste. Après avoir assisté à une petite partie, nous profitons de notre première venue pour découvrir les lieux. 

Deux scènes principales sont installées, l’une sous un immense chapiteau, l’autre nommée Lacustre est elle aussi grande mais à ciel ouvert. Une plus petite scène La Marée était quant à elle destinée à recevoir de petits groupes confirmés mais aussi découverte, et la scène La Plage installée dans le lac était consacrée à des DJ pour ambiancer les rives du lacs. Finalement, on trouvait aussi la scène Le Phare qui accueillait une Silent Party : 3 DJs jouaient et le public, au travers de casques sans fil, pouvait choisir ce qu’il voulait écouter ! Un concept étrange mais de plus en plus populaire…

Aux alentours, on trouvait de nombreux stands de nourriture du monde entier (Asie, Italie, Suisse, Amérique, Maghreb…) avec une mention spéciale pour Scapino et leurs délicieuses pâtes brassées dans une grande meule de vrai Parmesan ! Les décos, grandement similaires à celles du Paléo Festival 2017 (on sent d’ailleurs l’inspiration sur plusieurs aspects), faisaient encore une fois leur effet. 

Direction la scène Lacustre, décorée dans un style à la fois artisanal et industriel avec tuyaux et structure métallique pour le set du duo de DJs Chinese Man. Leur introduction correspond d’ailleurs tout à fait à ce style et nous met directement dans une ambiance intense, positivement étrange et envahissante. Leur électro / hip-hop / bass music unique que l’un peut reconnaitre permis tant d’autres  résonne face à un public très réceptif. Ils sont rejoints par les 2 MCs Youthstar et Benji Bambach de ASM (A State Of Mind) qui assurent un set hip-hop de qualité !

On enchaîne directement avec Orelsan, très attendu sous le chapiteau déjà rempli au maximum et où tout le monde tente de se frayer un chemin. Ses 2 claviéristes, son DJ / compositeur / ami Skread et son batteur s’installent puis Orelsan apparaît dans l’ombre sur les premières notes de son titre ‘San’. Il est très vite rejoint par Ablaye qui le back au micro mais qu’il présente aussi comme son producteur et « maître penseur ». Ils continuent avec le titre phare du dernier album d’Orelsan ‘Basique’ face à un public en feu qui reprend en coeur les fameux « simples, basiques » que l’on connait tous désormais. En parallèle, il teste aussi son public de longue date avec d’anciens morceaux tels que ‘Jimmy Punchline’ ou ‘Courrez Courez’. Jeux de lumières, intrus puissantes, textes vrais et travaillés, le concert est une tuerie est passe bien trop vite… Quel moment de pur plaisir !

  • VENDREDI 15 JUIN 2018

C’est Alice Roosevelt, groupe local tout droit venu de Nyon, qui à l’honneur d’ouvrir la scène live Lacustre en cette après-midi ensoleillée. Le « boys band » moderne propose des sons pop / rock actuel et frais, sur lesquels vient se poser la superbe et unique voix du chanteur au style aigu et aérien. Les festivaliers arrivent petit à petit et ceux déjà présents semblent conquis ! Le groupe bosse actuellement sur plusieurs nouveaux morceaux, affaire à suivre de près…

Quelques temps plus tard, on retrouve sur la même scène le français Eddy De Pretto qui fait une ascension spectaculaire ces temps… Et pour cause ! Il arrive, l’air de rien, sur la scène accompagné de son batteur et branche son téléphone avec lequel il sélectionnera les musiques du concert. C’est ça qu’on aime chez lui, ce côté à la fois authentique et original, simple et décalé. Dès les premiers sons de sa voix, le public est fasciné, captivé, envahi d’une étrange et si agréable sensation. Il interprète les titres de son premier album « Cure » sorti en 2018 et dont il est l’auteur, le compositeur et l’interprète, avec entre autres les superbes ‘Kid’, ‘Normal’, ‘Jimmy’ et ‘Fête de trop’. Les paroles sont à la fois osées, crues et vraies, Eddy De Pretto a ce don de transformer et exprimer des pensées parfois dures mais qui deviennent si vraies et attendrissantes au travers de ses chansons. C’était sa 3ème venue en Suisse, et on espère le revoir au plus vite !

Cette fois-ci, on change de scène pour le Chapiteau avec un artiste légendaire de la chanson française, qui n’est autre que Julien Clerc. Alors oui, on change totalement de registre, de style et de génération, mais c’est la force des festival tels que le Festi’neuch, il y en a pour tous les gouts et cela permet un mix culturel surprenant mais très plaisant ! Accompagné de ses choristes / violonistes, de son guitariste et de son batteur, il est plein d’énergie et physiquement toujours le même que dans mes souvenirs d’enfance. Les fans sont présents en grand nombre et se mélangent aux plus jeunes qui n’hésite pas à danser sur les musiques enjouées telles que ‘Melissa’ ou à chanter les paroles du célèbre titre ‘Ma Préférence’.

Devant la scène Lacustre, le public arrive en masse pour le prochain groupe du nom de Meute. Un orchestre complet entre sur scène : cuivres, vents, cordes, percussions, tout y est pour faire penser à un concert de type fanfare de carnaval. Mais loin de là, cette fanfare n’a rien d’ordinaire… Quelle surprise en entendant les premières sonorités du groupe qui propose en fait un concert purement électro / dance typique des DJs de fin de soirée ! Calés tous ensemble à la perfection,  ils proposent un spectacle visuel et auditif incroyable auquel la musique digitale n’a rien a envier. Quel plaisir d’entendre ce type de musique jouée en live de des instruments véridiques ! 

Pour nous, la soirée se terminera avec le concert de la rapeuse marseillaise Keny Arkana, backée par un guitariste, un batteur, deux claviéristes et deux MCs. Après une intro, elle enchaîne avec son titre phare ‘Madame La Marquise’ devant un public déchaîné qui reprend le refrain en coeur. Au travers ses paroles engagées et sa personnalité à la fois enragée, déterminée mais qui sait jouer de temps en temps avec un peu de douceur, elle n’hésite pas à dénoncer les grosses industries, les gouvernements, la politique (‘Dégagez’, ‘V pour Vérités’), les différences sociales (‘La Mère Des Enfants Perdus’)… Elle sait mettre l’ambiance tout en faisant passer les messages qui lui tiennent à coeur et en ouvrant les esprits sur certaines vérités, chose essentielle de nos jours.

En ce vendredi soir, le festival continuait aussi avec une after dans la salle La Case à Chocs pour laquelle des navettes étaient prévues. De quoi satisfaire les infatigables festifs !

  • SAMEDI 16 JUIN 2018

Le premier live de ce jour sur la scène Lacustre est de nouveau assuré par un groupe local, et pas des moindres puisqu’il s’agit des neuchâtelois Moonraisers ! Le band propose des intstrus de pu reggae roots, auxquelles vient s’ajouter la superbe voix cassée et envoutante du chanteur. Dans le milieu depuis les années 90, on sent bien leur expérience au travers de leur concert. Sous ce grand soleil et cette chaleur tant attendue du mois de juin, quoi de mieux que de la musique entraînante et joyeuse comme peut l’être le reggae ? Le public répond présent, le sourire aux lèvres, dansant, particulièrement sur le célèbre titre ‘Rise up’ sur lequel ils concluent.

Sous le chapiteau se produit un autre artiste français incontournable, dont j’entendais régulièrement les chansons dans le poste K7 de mes parents : le chanteur belge Arno. Accompagné de son groupe, il débarque avec sa voix roque si particulière et emmène avec lui tout le public dans son univers rock’n’roll. Plein d’humour, il nous présente beaucoup de ses anciennes chansons qui ont le plus marqué, et on sent l’expérience incontestable. On entendra notamment une chanson qu’il a composé dans les années 60, « avant le Coca Zéro » comme il dit si bien, et sur laquelle il sortira son harmonica qu’il maîtrise à merveille. Ses musiciens sont d’ailleurs tout aussi talentueux !

Quelques temps plus tard, sous ce même Chapiteau désormais décoré, on retrouve les deux jeunes frères Bigflo & Oli qui remplissent toutes les salles en ce moment. Et ils sont d’ailleurs très attendus ici au Festi’neuch par un public particulièrement jeune mais dont les parents semblent tout aussi intéressés. Après une intro musicale avec les jolies notes du violoncelliste, ils débutent avec le titre touchant ‘La Vraie Vie’ aux paroles vraiment bien travaillées, et pour lequel on voit d’abord arriver Bigflo pour sa partie, suivi ensuite de Oli. Ils poursuivent avec des titres de leur dernier album, et après les avoir vus plusieurs fois l’année passée notamment, on les sent de plus en plus à l’aise sur scène. Sur le titre ‘Papa’, le style latino fait son effet, Bigflo se met à la batterie et Oli à la trompette, ils font danser le public suisse. Leur ami Wawad fait une apparition sur scène pour une démonstration de beat box impressionnante, puis à leur tour ils scotchent tout le monde avec leur fast style de ‘Ça va trop vite’ fait à une vitesse encore supérieure que celle sur l’album ! On ne peut pas nier, ils sont vraiment doués et savent faire le show.

Du côté de la scène Lacustre, place à Roméo Elvis qui s’est bien fait sa place ces derniers temps dans le milieu, pour sa première date en Suisse. Backé par un DJ, il pose son rap français sur des intrus aux subs puissants. Son logo représente un crocodile qui rappelle fortement la marque de polos que l’on connait tous, et il ne s’en cache pas puisqu’il en fait même la promotion. On entendra entre autres ses deux titres incontournables du moment ‘Bébé aime la drogue’ et ‘Drôle de question’ jouée par Roméo Elvis à la guitare électrique, dont ses fans présents en masse reprennent les paroles. Il n’hésite pas à motiver les festivalier et même à les inciter aux pogos ! Il présentera également une exclusivité de son album solo à sortir en 2019, puis la fameuse chanson en duo avec sa soeur Angèle dont il semble très fier. 

La dernière artiste que nous verrons ce soir est la belle Imany ! Pour le premier titre, elle commence au milieu de ses musiciens, sans se mettre en avant, avec cette humilité qu’on lui connait et que l’on respecte. Sa voix grave et cassée si pure et intense dans un style soul séduit instantanément, joliment posée sur des intrus toujours magnifiquement bien travaillées. Bloquée du dos, elle fait tout de même son possible pour faire vivre un beau moment au public. Son titre ‘No Reason No Rhyme’ avec les 2 violoncellistes nous offre un pur instant de douceur, tandis que ‘You Will Never Know’ alterne entre instants posés guitare/voix et passages dansants et rayonnants. Elle a ce don de nous donner immédiatement le sourire, mais elle en profite aussi pour passer d’importants et beaux messages comme avec la chanson There Were Tears’ en l’honneur de Nelson Mandela pour inviter à s’insurger contre l’inacceptable… Un super moment de partage et de générosité !

Le Festi’neuch 2018 s’arrête ici pour nous mais pas pour tout le monde puisqu’une after était aussi prévue le samedi soir à La Case à Chocs et que de nombreux concerts étaient encore prévu le dimanche, dans une ambiance toujours éclectique et familiale avec entre autres Calypso Rose, La Compagnie Créole, Catherine Ringer

C’était notre première venue au festival, nous sommes ravis de l’expérience qui on l’espère se reproduira. La programmation éclectique permet de voir des artistes dans des styles très différents, de toutes générations, de faire de belles découvertes mais aussi de toucher un public large amenant la diversité que l’on aime. Les différentes scènes, les animations mises en places (activités pour les enfants, silent party, personnages déguisés) ainsi que les nombreux stands de nourritures et d’artisanat font que l’on se sent dans une sorte de petit village ou rien ne nous manque et ou les possibilités d’activité sont si variées que l’on ne s’ennuie jamais ! Et tout ceci est bien récompensé puisque le Festi’neuch a attiré plus de 45’000 personnes sur les bords de lac de Neuchâtel, avec les soirées de vendredi et samedi soir complètes. 

On en profite pour remercier l’équipe Presse et tous les Bénévoles de l’accueil et pour les féliciter du travail réalisé.

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

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