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Category : Reports

19 Juin 2018

Report by On The Roots : Festi’neuch 2018 @ Neuchâtel .

Du 14 au 17 juin 2018 avait lieu la 18ème édition du festival Festi’neuch dans la ville de Neuchâtel en Suisse. La programmation éclectique comprenait entre autres : Chinese Man, Orelsan, Alice Roosevelt, Eddy De Pretto, Julien Clerc, Meute, Keny Arkana, Moonraisers, Arno, Bigflo & Oli, Romeo Elvis, Imany

  • JEUDI 14 JUIN 2018

Le festival ouvrait les portes dès 17h mais de notre côté, il est 19h30 lorsque nous arrivons sur le site des Jeunes-Rives, tandis que le concert de la britannique Lily Allen débute tout juste. Après avoir assisté à une petite partie, nous profitons de notre première venue pour découvrir les lieux. 

Deux scènes principales sont installées, l’une sous un immense chapiteau, l’autre nommée Lacustre est elle aussi grande mais à ciel ouvert. Une plus petite scène La Marée était quant à elle destinée à recevoir de petits groupes confirmés mais aussi découverte, et la scène La Plage installée dans le lac était consacrée à des DJ pour ambiancer les rives du lacs. Finalement, on trouvait aussi la scène Le Phare qui accueillait une Silent Party : 3 DJs jouaient et le public, au travers de casques sans fil, pouvait choisir ce qu’il voulait écouter ! Un concept étrange mais de plus en plus populaire…

Aux alentours, on trouvait de nombreux stands de nourriture du monde entier (Asie, Italie, Suisse, Amérique, Maghreb…) avec une mention spéciale pour Scapino et leurs délicieuses pâtes brassées dans une grande meule de vrai Parmesan ! Les décos, grandement similaires à celles du Paléo Festival 2017 (on sent d’ailleurs l’inspiration sur plusieurs aspects), faisaient encore une fois leur effet. 

Direction la scène Lacustre, décorée dans un style à la fois artisanal et industriel avec tuyaux et structure métallique pour le set du duo de DJs Chinese Man. Leur introduction correspond d’ailleurs tout à fait à ce style et nous met directement dans une ambiance intense, positivement étrange et envahissante. Leur électro / hip-hop / bass music unique que l’un peut reconnaitre permis tant d’autres  résonne face à un public très réceptif. Ils sont rejoints par les 2 MCs Youthstar et Benji Bambach de ASM (A State Of Mind) qui assurent un set hip-hop de qualité !

On enchaîne directement avec Orelsan, très attendu sous le chapiteau déjà rempli au maximum et où tout le monde tente de se frayer un chemin. Ses 2 claviéristes, son DJ / compositeur / ami Skread et son batteur s’installent puis Orelsan apparaît dans l’ombre sur les premières notes de son titre ‘San’. Il est très vite rejoint par Ablaye qui le back au micro mais qu’il présente aussi comme son producteur et « maître penseur ». Ils continuent avec le titre phare du dernier album d’Orelsan ‘Basique’ face à un public en feu qui reprend en coeur les fameux « simples, basiques » que l’on connait tous désormais. En parallèle, il teste aussi son public de longue date avec d’anciens morceaux tels que ‘Jimmy Punchline’ ou ‘Courrez Courez’. Jeux de lumières, intrus puissantes, textes vrais et travaillés, le concert est une tuerie est passe bien trop vite… Quel moment de pur plaisir !

  • VENDREDI 15 JUIN 2018

C’est Alice Roosevelt, groupe local tout droit venu de Nyon, qui à l’honneur d’ouvrir la scène live Lacustre en cette après-midi ensoleillée. Le « boys band » moderne propose des sons pop / rock actuel et frais, sur lesquels vient se poser la superbe et unique voix du chanteur au style aigu et aérien. Les festivaliers arrivent petit à petit et ceux déjà présents semblent conquis ! Le groupe bosse actuellement sur plusieurs nouveaux morceaux, affaire à suivre de près…

Quelques temps plus tard, on retrouve sur la même scène le français Eddy De Pretto qui fait une ascension spectaculaire ces temps… Et pour cause ! Il arrive, l’air de rien, sur la scène accompagné de son batteur et branche son téléphone avec lequel il sélectionnera les musiques du concert. C’est ça qu’on aime chez lui, ce côté à la fois authentique et original, simple et décalé. Dès les premiers sons de sa voix, le public est fasciné, captivé, envahi d’une étrange et si agréable sensation. Il interprète les titres de son premier album « Cure » sorti en 2018 et dont il est l’auteur, le compositeur et l’interprète, avec entre autres les superbes ‘Kid’, ‘Normal’, ‘Jimmy’ et ‘Fête de trop’. Les paroles sont à la fois osées, crues et vraies, Eddy De Pretto a ce don de transformer et exprimer des pensées parfois dures mais qui deviennent si vraies et attendrissantes au travers de ses chansons. C’était sa 3ème venue en Suisse, et on espère le revoir au plus vite !

Cette fois-ci, on change de scène pour le Chapiteau avec un artiste légendaire de la chanson française, qui n’est autre que Julien Clerc. Alors oui, on change totalement de registre, de style et de génération, mais c’est la force des festival tels que le Festi’neuch, il y en a pour tous les gouts et cela permet un mix culturel surprenant mais très plaisant ! Accompagné de ses choristes / violonistes, de son guitariste et de son batteur, il est plein d’énergie et physiquement toujours le même que dans mes souvenirs d’enfance. Les fans sont présents en grand nombre et se mélangent aux plus jeunes qui n’hésite pas à danser sur les musiques enjouées telles que ‘Melissa’ ou à chanter les paroles du célèbre titre ‘Ma Préférence’.

Devant la scène Lacustre, le public arrive en masse pour le prochain groupe du nom de Meute. Un orchestre complet entre sur scène : cuivres, vents, cordes, percussions, tout y est pour faire penser à un concert de type fanfare de carnaval. Mais loin de là, cette fanfare n’a rien d’ordinaire… Quelle surprise en entendant les premières sonorités du groupe qui propose en fait un concert purement électro / dance typique des DJs de fin de soirée ! Calés tous ensemble à la perfection,  ils proposent un spectacle visuel et auditif incroyable auquel la musique digitale n’a rien a envier. Quel plaisir d’entendre ce type de musique jouée en live de des instruments véridiques ! 

Pour nous, la soirée se terminera avec le concert de la rapeuse marseillaise Keny Arkana, backée par un guitariste, un batteur, deux claviéristes et deux MCs. Après une intro, elle enchaîne avec son titre phare ‘Madame La Marquise’ devant un public déchaîné qui reprend le refrain en coeur. Au travers ses paroles engagées et sa personnalité à la fois enragée, déterminée mais qui sait jouer de temps en temps avec un peu de douceur, elle n’hésite pas à dénoncer les grosses industries, les gouvernements, la politique (‘Dégagez’, ‘V pour Vérités’), les différences sociales (‘La Mère Des Enfants Perdus’)… Elle sait mettre l’ambiance tout en faisant passer les messages qui lui tiennent à coeur et en ouvrant les esprits sur certaines vérités, chose essentielle de nos jours.

En ce vendredi soir, le festival continuait aussi avec une after dans la salle La Case à Chocs pour laquelle des navettes étaient prévues. De quoi satisfaire les infatigables festifs !

  • SAMEDI 16 JUIN 2018

Le premier live de ce jour sur la scène Lacustre est de nouveau assuré par un groupe local, et pas des moindres puisqu’il s’agit des neuchâtelois Moonraisers ! Le band propose des intstrus de pu reggae roots, auxquelles vient s’ajouter la superbe voix cassée et envoutante du chanteur. Dans le milieu depuis les années 90, on sent bien leur expérience au travers de leur concert. Sous ce grand soleil et cette chaleur tant attendue du mois de juin, quoi de mieux que de la musique entraînante et joyeuse comme peut l’être le reggae ? Le public répond présent, le sourire aux lèvres, dansant, particulièrement sur le célèbre titre ‘Rise up’ sur lequel ils concluent.

Sous le chapiteau se produit un autre artiste français incontournable, dont j’entendais régulièrement les chansons dans le poste K7 de mes parents : le chanteur belge Arno. Accompagné de son groupe, il débarque avec sa voix roque si particulière et emmène avec lui tout le public dans son univers rock’n’roll. Plein d’humour, il nous présente beaucoup de ses anciennes chansons qui ont le plus marqué, et on sent l’expérience incontestable. On entendra notamment une chanson qu’il a composé dans les années 60, « avant le Coca Zéro » comme il dit si bien, et sur laquelle il sortira son harmonica qu’il maîtrise à merveille. Ses musiciens sont d’ailleurs tout aussi talentueux !

Quelques temps plus tard, sous ce même Chapiteau désormais décoré, on retrouve les deux jeunes frères Bigflo & Oli qui remplissent toutes les salles en ce moment. Et ils sont d’ailleurs très attendus ici au Festi’neuch par un public particulièrement jeune mais dont les parents semblent tout aussi intéressés. Après une intro musicale avec les jolies notes du violoncelliste, ils débutent avec le titre touchant ‘La Vraie Vie’ aux paroles vraiment bien travaillées, et pour lequel on voit d’abord arriver Bigflo pour sa partie, suivi ensuite de Oli. Ils poursuivent avec des titres de leur dernier album, et après les avoir vus plusieurs fois l’année passée notamment, on les sent de plus en plus à l’aise sur scène. Sur le titre ‘Papa’, le style latino fait son effet, Bigflo se met à la batterie et Oli à la trompette, ils font danser le public suisse. Leur ami Wawad fait une apparition sur scène pour une démonstration de beat box impressionnante, puis à leur tour ils scotchent tout le monde avec leur fast style de ‘Ça va trop vite’ fait à une vitesse encore supérieure que celle sur l’album ! On ne peut pas nier, ils sont vraiment doués et savent faire le show.

Du côté de la scène Lacustre, place à Roméo Elvis qui s’est bien fait sa place ces derniers temps dans le milieu, pour sa première date en Suisse. Backé par un DJ, il pose son rap français sur des intrus aux subs puissants. Son logo représente un crocodile qui rappelle fortement la marque de polos que l’on connait tous, et il ne s’en cache pas puisqu’il en fait même la promotion. On entendra entre autres ses deux titres incontournables du moment ‘Bébé aime la drogue’ et ‘Drôle de question’ jouée par Roméo Elvis à la guitare électrique, dont ses fans présents en masse reprennent les paroles. Il n’hésite pas à motiver les festivalier et même à les inciter aux pogos ! Il présentera également une exclusivité de son album solo à sortir en 2019, puis la fameuse chanson en duo avec sa soeur Angèle dont il semble très fier. 

La dernière artiste que nous verrons ce soir est la belle Imany ! Pour le premier titre, elle commence au milieu de ses musiciens, sans se mettre en avant, avec cette humilité qu’on lui connait et que l’on respecte. Sa voix grave et cassée si pure et intense dans un style soul séduit instantanément, joliment posée sur des intrus toujours magnifiquement bien travaillées. Bloquée du dos, elle fait tout de même son possible pour faire vivre un beau moment au public. Son titre ‘No Reason No Rhyme’ avec les 2 violoncellistes nous offre un pur instant de douceur, tandis que ‘You Will Never Know’ alterne entre instants posés guitare/voix et passages dansants et rayonnants. Elle a ce don de nous donner immédiatement le sourire, mais elle en profite aussi pour passer d’importants et beaux messages comme avec la chanson There Were Tears’ en l’honneur de Nelson Mandela pour inviter à s’insurger contre l’inacceptable… Un super moment de partage et de générosité !

Le Festi’neuch 2018 s’arrête ici pour nous mais pas pour tout le monde puisqu’une after était aussi prévue le samedi soir à La Case à Chocs et que de nombreux concerts étaient encore prévu le dimanche, dans une ambiance toujours éclectique et familiale avec entre autres Calypso Rose, La Compagnie Créole, Catherine Ringer

C’était notre première venue au festival, nous sommes ravis de l’expérience qui on l’espère se reproduira. La programmation éclectique permet de voir des artistes dans des styles très différents, de toutes générations, de faire de belles découvertes mais aussi de toucher un public large amenant la diversité que l’on aime. Les différentes scènes, les animations mises en places (activités pour les enfants, silent party, personnages déguisés) ainsi que les nombreux stands de nourritures et d’artisanat font que l’on se sent dans une sorte de petit village ou rien ne nous manque et ou les possibilités d’activité sont si variées que l’on ne s’ennuie jamais ! Et tout ceci est bien récompensé puisque le Festi’neuch a attiré plus de 45’000 personnes sur les bords de lac de Neuchâtel, avec les soirées de vendredi et samedi soir complètes. 

On en profite pour remercier l’équipe Presse et tous les Bénévoles de l’accueil et pour les féliciter du travail réalisé.

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

28 Mai 2018

Report by On The Roots : Trolls Fest @ Espace Tully, Thônon-les-Bains .

Les 25 et 26 mai 2018 avait lieu le Trolls Fest à l’Espace Tully de Thônon-les-Bains (74). Pour fêter leurs 10 ans d’existence, l’association a proposé une superbe programmation reggae/dub et hip-hop/électro répartie sur deux soirs avec The Dubalist, Ondubground, Soom T, Diversgens, Danitsa et Tha Trickaz.

  • Vendredi 25 mai :

Les portes ouvrent à 20h30 pour accueillir les premiers arrivants sur le site. Une bonne demi-heure plus tard, après avoir pu déguster la bonne bière locale du Mont-Salève au bar, le duo The Dubalist commence. Energiques et motivés, l’un au mix, l’autre à la batterie électronique, ils proposent un dub digital et électro aux basses bien présentes. Ils sont rapidement rejoints par leur invité trompettiste / claviériste / chanteur pour un set 100% live qu’ils défendent, avec uniquement des sons tout droit sortis de leur studio en Vallée Verte. Malgré un petit soucis technique géré avec humour, le trio repart de plus belle et sème une belle ambiance dans la salle.

Après le changement de plateau, place au groupe tourangeau que l’on connait bien, Ondubground ! Ce soir, ils sont en formation à 3 avec Olo au mix, Art-X au clavier, au mix et  au mélodica, puis Natty à la basse. Ce dub digital / électro / oriental bien à eux, on l’adore toujours autant, c’est totalement envoûtant et transcendant ! On a pu entendre toutes leurs big featurings avec Brother Culture, Shanti D ou encore Panda Dub, ainsi que les remis de dingues tels que Danakil (album « Danakil meets Ondubground »), Jahneration, Pupajim, Hightone, et même un medley roots de tunes légendaires. Le son est bon, le duo est plein d’énergie et le public est à fond… Toujours au top !

La talentueuse Soom T clôture la soirée avec sa formation en live band. Toute souriante et  dynamique, elle rayonne pour venir nous partager son nouvel album « Born Again ». Comme son nom l’indique, ce dernier est un peu une renaissance puisque l’artiste retourne à des bases beaucoup plus soul, blues voire pop, avec toujours des touches reggae, hip-hop et bien sûr indous qu’on lui connait. La chanteuse écossaise revient également sur ses morceaux légendaires pour le plaisir du public qui chante en coeur les refrains de ‘Politic Man’, ‘Ganja Ganja’ ou encore ‘Walkin My Shoes’. 

  • Samedi 26 mai :

Place à la deuxième soirée du Trolls Fest, une nouveauté pour l’occasion des 10 ans de l’association. Les portes ouvrent aux mêmes heures que la veille et après le style reggae / dub de la veille, place ce soir au hip-hop et à l’électro. Le premier groupe à ouvrir la scène ce soir est le groupe thononais Diversgens composé de 5 MCs et 1 DJ. Leurs textes français sont engagés, sur la vie quotidienne et nous parlent à tous, leurs 5 voix uniques s’entremêlent à merveille, le tout posé sur les instrus hip-hop entraînantes. Telle une bande de pote venus partager avec nous un moment convivial et plein de générosité, ils installent instantanément une belle ambiance dans la salle.

Après une introduction par son DJ, la belle genevoise Danitsa prend le relai, backée par son petit frère. Ce soir, elle nous présente bien sûr son nouvel album sorti fin 2017 mais elle en profite aussi pour revenir sur d’anciens projets dont ceux avec Little Lion Sound avec qui elle a travaillé lors de son arrivée à Genève et qui sont d’ailleurs producteurs de son album via le label Evidence Music. Niveau style, elle propose un mélange de hip-hop / ragga / soul à la fois old school et très actuel, frais et dansant… Le public est conquis, et nous aussi (coup de coeur personnel pour le rythme et les paroles du morceau ‘Captain’) ! On aura aussi l’occasion d’entendre 2 titres de son frère dont elle semble très fière, chez eux la musique est une histoire de famille.

Cette deuxième et dernière soirée du Trolls Fest se termine avec le duo Tha Trickaz. En à peine 2 secondes, cachés derrière leurs masques, ils mettent le feu dans la salle ! Leurs tunes sont surpuissantes, un mélange d’électro / bass music / hip-hop / trap très travaillé, maîtrisé et d’une qualité indéniable. Leur énergie est tout aussi impressionnante que leurs sons, le public est conquis et transporté dans leur univers. Quoi de mieux pour clôturer cette soirée et cette édition  2018 du festival ?

Vous l’aurez compris, à l’occasion es 10 ans de l’association Les Trolls, le Trolls Fest a su proposer une programmation actuelle et éclectique avec des artistes talentueux aux propositions uniques. Au vu de cette programmation et de l’organisation au top, l’espace Tully aurait mérité d’être bien plus rempli ce week end ! Bravo à toute l’équipe et un grand merci pour le superbe accueil…

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

06 Mai 2018

Release Party Feuilles de Roots @ Le Brise Glace, Annecy .

Le samedi 5 mai avait lieu la Release Party du nouvel album de Feuilles de Roots au Brise Glace à Annecy (74), avec comme invité Wailing Trees.

La soirée débute à 21h avec le groupe invité pour l’occasion : Wailing Trees ! Les musiciens (batteur, clavieriste, bassiste, guitariste/choriste, trompettiste/choriste et saxophoniste/choriste) introduisent le set avec un titre instrumental très jazz, se présenter chacun avec leur propre style et leur talent indéniable.

S’en suit le titre ‘Tell It To The World’ extrait de leur album « Change We Need » sorti l’année dernière, beaucoup plus reggae, dansant et festif, sur lequel arrive le chanteur du groupe. Souriant et plein d’énergie, il transmet instantanément son humeur au public motivé et prêt à faire la fête ce soir ! Le public se montrera d’ailleurs très présent sur le titre ‘Lost’ en chantant le refrain en coeur avec Wailing Trees.

Leur style est bien travaillé et fait du bien, entre des influences reggae, jazz, soul, parfois hip-hop comme le titre ‘What A Gwaan’ transformé dans sa version live ou encore des influences orientales avec ‘Djamae’ et le solo chanté en arabe par le guitariste… Mon coup de coeur ! Le chanteur tout comme les musiciens ont cette force de polyvalence et de mixité impressionnante.

Après une petite pause le temps du changement de plateau, place au groupe Feuilles de Roots venu présenter son nouvel album « Homme » qui sortira ce Vendredi 11 mai !  Batteur, claviériste, bassiste, guitariste, trompettiste/percussionniste/chanteuse puis les 2 chanteurs arrivent sur la scène pour un set introduit par une voix off qui sera présente jusqu’à la fin par intermittence.

Après le premier morceau éponyme de l’album, dans un style très tribal de par les percussions et le chant et dont vous pouvez déjà aller voir le clip (lien ici), place à leur secret qui a donné fruit à ce premier album : un vrai récit de l’humanité alliant histoire, politique et bien sûr le tout avec humour, très bien illustré par la chanson du Roi ou encore celle sur Jésus ! Le titre ‘Révolution’   est lui aussi un bel exemple de par sa pertinence dans le contexte français actuel, et il a d’ailleurs fait l’objet du premier clip de l’album (lien ici).

Le public est très réceptif, conquis et déchaîné pour cette soirée spéciale, ils sont d’un soutien indéniable et cela fait chaud au coeur ! Parmi les morceaux de ce nouveau projet, le groupe annécien retourne sur d’anciens titres pour leur public fidèle avec notamment le morceau ‘La Yaute en action’ extrait de leur EP « La Fa Mi » sorti en 2014.

Leur style est unique, avec des influences très éclectiques allant du reggae au hip-hop en passant par le roots, le dancehall voire même du dubstep sur un morceau ! Tout cela accompagné d’une folie caractéristique de leur groupe, et bien ça donne ce qu’ils ont si bien appelé du « reggae épique » !

Bien sûr, l’opportunité était trop belle et on a pu voir à deux reprise l’intervention du chanteur de Wailing Trees qui a d’ailleurs participé à la réalisation de ce nouvel album « Homme », pour des featurings dans une ambiance joyeuse et familiale. Le concert se termine notamment sur un morceau reprenant le refrain de ‘Sweet Dreams’ pour une référence aux années 80, chanté à merveille par le trio Cam, Rebloch’ et Pti Wam, puis un rappel un peu plus en douceur, sur une « touche de miel », histoire de conclure l’événement en beauté.

Cette soirée dédiée à la release de l’album « Homme » de Feuilles de Roots qui sortira ce 11 mai était une belle réussite ! La connexion avec le public était indéniable, les annéciens sont d’un grand soutien pour le groupe. De plus, l’invitation de Wailing Trees pour débuter le concert était une évidence de par leurs liens, un bel esprit de famille dans la bonne humeur et une énergie exclusivement positive. L’album « Homme » ne ressemble a aucun autre album que vous auriez pu entendre alors n’hésitez pas à vous le procurer, et aussi à aller voir Feuilles de Roots en live, ça vaut le détour !

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

15 Avr 2018

Report by On The Roots : Jamaican Vybz #5 – Little Lion 10th anniversary .

Vendredi 13 avril avait lieu la Jamaican Vybz #5 dans la salle PTR – L’Usine à Genève, l’occasion de fêter les 10 ans de Little Lion Sound !

Little Lion Sound est la référence genevoise, suisse et même internationale en matière de reggae / dancehall ! DJ’s, organisateurs, fondateurs du label Evidence Music, cette Jamaican Vybz #5 est l’occasion pour le duo Nico & Jannali de fêter les 10 ans de ce projet qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

La soirée débute à 00h30 avec un membre du groupe local Jah Work Sound. Après une introduction salsa devant un public directement dans l’ambiance de la danse et de la fête, le set s’oriente petit à petit vers des sont afros, ragga, dancehall puis hip-hop.

Place au duo de Kill Babylon Sound, eux aussi originaires de Genève, venus animer la soirée une petite heure avec une sélection de purs sons dancehall bien rythmés et dansants, animés avec énergie et passion. Le public chante en coeur les nombreux classiques que nous avons pu entendre, toujours aussi efficaces !

C’est au tour du crew vedette de la soirée, Little Lion Sound, de prendre le contrôle. Ils continuent de chauffer la salle désormais dans une ambiance de folie, tant dans le public que sur scène ! C’est un régal de voir le duo passionné profiter et présenter des tunes reggae et dancehall toujours plus bigs dont de nombreuses dub plates exclusives, face à un public plus que réceptif et admiratif. Pendant leur set, ils invitent pour l’occasion 3 MCs locaux avec qui ils ont l’habitude de travailler et qui ont mis le fyah : Nello B, Patricia & Mardjenal.

La soirée est clôturée par deux membres du crew Supersonic Sound tout droit venus de Berlin. Toujours en mode dancehall, Supersonic Sound a été fondé il y a 20 ans et leur expérience se fait ressentir au travers de la qualité de leur set tant au niveau des sons que de l’animation. De quoi motiver le public pour ne jamais s’arrêter de danser jusqu’à la fin de la soirée qui se terminera à 5h.

Ce 10ème anniversaire de Little Lion Sound fêté à l’occasion de la 5ème édition des soirées Jamaican Vybz qu’ils coorganisent avec Post Tenebras Rock – L’Usine a été une belle réussite. 5 heures de partage, de bonne humeur et de danse le tout sur du pur reggae dancehall ! L’ambiance était familiale, avec des artistes principalement locaux et un public toujours aussi fidèle. Désormais, c’est reparti pour une nouvelle décennie remplie de beaux projets pour Little Lion Sound !

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

29 Mar 2018

Report by On The Roots : In Dread We Trust #5 @ L’Atelier, Cluses .

Du 21 au 24 mars 2018 avait lieu la 5ème édition du festival In Dread We Trust à L’Atelier Cluses dans la ville du même nom (74). Une édition riche et variée avec au programme des ateliers pour enfants, une diffusion de film, une exposition et deux soirées de concerts…

Jeudi 22 mars

Après un atelier pour enfants organisé la veille durant lequel Manu Alonso de la Compagnie Manudrine leur a fait découvrir les instruments du monde, place à la deuxième soirée du festival.

L’Atelier ouvre ses portes à 18h30, le temps de laisser aux premiers arrivants de visiter notre exposition On The Roots « A la rencontre du Dub » qui a semblé attirer l’attention et plaire, pour notre plus grand plaisir.

A 19h, rendez-vous dans la salle de concert pour la diffusion du film Reggae Ambassador « La légende du reggae » qui accompagne le livre du même nom. Il s’agit de l’histoire du reggae racontée par de grandes légendes jamaïcaine du milieu (Lee Perry, Bunny Wailer, Barrington Levy,…) mais aussi la nouvelle génération (Chronixx, Protoje,…). Ces deux projets ont été réalisés par le fondateur de Reggae.fr Alexandre Grondeau en partenariat avec plusieurs reporters et photographes dont On The Roots.

Ensuite, direction le hall pour le showcase du groupe local The Dubalist venu avec son sound system 2 scoops avec un très bon son. L’un à la batterie électronique et l’autre aux commandes, ils ont joué des morceaux principalement dans les styles reggae et dub pour faire danser le public dans une ambiance conviviale.

Vendredi 23 mars

Nous voici de retour à L’Atelier pour la première soirée concert du In Dread We Trust #5 axée sur le Reggae.

Jannali et Nico du Little Lion Sound, tout droit venus de Genève, assurent l’accueil dès l’ouverture des portes à 20h avec un warm up reggae roots dans le hall.

Direction la salle de concert pour accueillir le chanteur FLOX accompagné d’un batteur, d’un bassiste et d’un guitariste. Avec sa jolie voix, il fait danser et voyager le public dans son univers en interprétant des titres majoritairement issus de son avant dernier album « Homegrown » sorti en 2015 mais aussi de son tout dernier album « Taste of Grey ». Leur style clairement reggae prend tout de même une forme singulière avec des influences électro affirmées et parfois dub.

Petite pause dans le hall toujours avec Little Lion Sound, histoire de s’hydrater tout en dansant sur de grands classiques reggae / dancehall tels que Chronixx, Protoje ou encore Yaniss Odua.

Retour dans la salle avec une légende du reggae jamaïcain du nom de Pablo Moses, accompagné de deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un claviériste. Sur des instrus reggae roots au son très propre, rond et avec une basse bien présent comme on aime, le chanteur pose sa voix toujours aussi superbe avec des textes  aux messages engagés. Le public est réceptif et admiratif, l’ambiance est à la bonne humeur et à la danse ! Toujours aussi actif, le dernier album de Pablo Moses intitulé « The Itinuation » et produit par le grand Harrison Stafford est sorti l’année dernière.

La soirée continue jugaux’à 1h avec une sélection de pures dubplates jouées par Little Lion Sound, avec des artistes comme Big Red, Neg Marrons, L’Entourloop ou encore Danitsa.

Samedi 24 mars

La deuxième soirée concert est basée cette fois-ci non plus sur le Reggae mais sur un style apparenté qui touche de plus en plus de monde, le Dub.

Rootikal Soldiers, programmés à la dernière minute, sont venus assurer l’accueil, les changements de scènes et la cloture de cette dernière soirée du festival dans le hall, tout comme Little Lion la veille. Le trio propose une sélection strictement vinyle avec des morceaux dancehall, reggae, roots avec entre autres le version de ‘Chan  Chan’ par Mista Savona (2017), reprise du chanteur cubain Compay Segundo (1986). Puis petit à petit entre les changements de plateaux, ils dérivent sur des tunes beaucoup plus dub pour garder les festivaliers dans l’ambiance de la soirée.

Le premier artiste à se produire sur la scène ce soir est le jeune montpelliérain Adi Shankara. Accompagné uniquement de son ordinateur et d’une petite table de mix, en mode minimaliste, il débute son set avec une introduction très aérienne et hypnotisante pour ensuite faire rentrer petit à petit le rythme puis les basses bien puissantes. Il nous joue ses propres compositions, du pur dub stepper qui fait bouger le public grandissant petit à petit et déjà bien motivé et dans l’ambiance.

Le prochain artiste est lui aussi un jeune producteur de dub. Dans le milieu depuis son plus jeune âge grâce à son père et sa tante (Alpha & Omega), l’anglais Alpha Steppa a su en tirer profit et faire son propre style alliant pur dub et bass music actuelle… Un vrai génie ! Digital, steppa, les sons sont extrêmement bien travaillés, très propres et les basses sont superbes. On a pu entendre d’anciens sons réalisés en collaborations avec son père et sa tante, mais aussi des exclusivités de Dub Dynasty dont le magnifique titre ‘Black Woman Civilization’ devant un public à fond !

Finalement, place à High Tone, un des groupes légendaires du dub français présent depuis 20 ans ! Cette fois-ci plus de steppa mais plutôt du dub expérimental, toujours avec des morceaux très travaillés. Batteur, claviéristes, machiniste/bassiste, le quatuor nous transporte dans l’univers bien particulier qu’ils se sont créé, aux inspirations très éclectiques allant de l’électro au dub en passant par du digital, du hip-hop, du dubstep voir même du rock. Le remix « Rub-A-Dub Anthem » avec Pupajim met le feu dans la salle qui semble quasiment complète, le public jump sans s’arrêter !

Cette 5ème édition du festival In Dread We Trust organisée à L’Atelier Cluses répartie sur 4 jours a  proposé des moments culturels pour tous : atelier pour enfant, exposition photo, projection de film, concerts reggae puis concerts dub… Un grand bravo pour cela ! L’ambiance était à la convivialité avec une très belle énergie tant de la part des artistes que du public. Nous en profitons d’ailleurs pour remercier l’organisation pour leur accueil au top et leur confiance.

Et n’hésitez pas, l’exposition est disponible jusqu’au 15 avril !

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

06 Mar 2018

Report by On The Roots : Spring Reggae Fest vol.12 @ L’Oasis, Le Mans .

Samedi 3 mars avait lieu la 12ème Edition du Spring Reggae Festival dans la salle L’Oasis au Mans (72). Co-organisée par Superforma et le crew Irie Ites, la soirée affichait une programmation reggae / dancehall intense avec King Kong & Irie Ites, Troy Berkley & Krak In Dub, Volodia, LMK, Ed Garjae, I Sens, Brother Vibes, Supa Dupa’s et Interlion Sound & gest

Les portes de la très belle salle L’Oasis ouvrent un peu avant 20h est c’est Interlion Sound, membre de la Smalla Connexion, qui ouvre la soirée. Les selectas tourangeaux jouent des classiques du reggae avec pour commencer le fameux ‘Pass The Dutchie’ de Musical Youth, suivi d’artistes comme Chronixx, Jesse Royal ou encore Capleton… Place ensuite à leur invité qui n’est autre que Lyricaly, vainqueur des Victoires du Reggae organisées par Reggae.fr dans la catégorie « Révélation de l’année ». Il nous interprète les titres de son EP « Le Temps Passe Vite » et surtout de son album « Force » sorti en décembre dernier. Plein d’énergie, il fait danser et chanter les premiers arrivants pour un beau moment de générosité et d’échange. Interlion Sound reprend le contrôle pour quelques big tunes avec notamment une dubplate du célèbre ‘Be Careful’ de Matthew McAnuff.

Le duo Brothers Vibes s’empare des micros, backé par Selecta Biggietop, pour une 20aine de minutes. Ils sont venus présenter leur nouvel EP « Passer Un Message » avec des textes en français posés sur des instrus se baladant entre différents styles, allant du reggae au hip-hop en passant par le roots et le dancehall. Mention spéciale au titre ‘Free Up Your Mind’ chanté sur une track de Thriakis Dub Destroyer et présent sur l’album de ce dernier… ça envoie du lourd ! Le public est désormais un peu plus nombreux et chante les refrains en chœur.

Le binôme suivant, Supa Dupa’s, est issu de l’alliance du MC Deewaï avec le selecta Puppa Dready. Se baladant au travers des styles roots / reggae / hip-hop voire parfois dubstep, le duo propose des instrus entraînantes sur lesquelles viennent se poser les textes travaillés de Deewaï. Ce dernier pose son flow très rapide et impressionnant avec une aisance et une facilité déconcertantes !

On enchaîne directement avec le chanteur I Sens backé par Si’Art Sound aka Adrien Sanchez que nous connaissions bien en tant que collègue photographe et que nous voyons pour la première fois de l’autre côté de l’objectif en tant que selecta. Après une première mixtape sortie en 2015 intitulée « From The Light », I Sens est revenu en force l’année dernière avec son EP « Cycle ». Cette fois-ci, les textes sont principalement en anglais sur des sons reggae / dancehall, et le jeune normand les chante avec une belle énergie qui semble se transmettre au public !

Ed Garjae est le prochain artiste à se produire sur la scène de L’Oasis, backé par le selecta de Red Strike Sound & Records. Cette fois-ci on est transporté dans un univers différent de ce que l’on a pu entendre jusqu’à maintenant. Le chanteur avec sa superbe voix si juste et si pure nous propose un reggae marqué d’influences soul et jazz incontestables. Tout comme nous, le public semble apprécier cette diversité de styles dans la musique reggae !

Le public est au rendez-vous, et ce sera d’ailleurs le moment de la soirée où la salle sera la plus remplie, pour accueillir le prochain chanteur. Ce sont ses débuts dans le groupe Phases Cachées qui l’ont fait connaître, puis il a poursuivi son chemin en solo avec non moins de succès : vous l’avez compris, nous parlons bien évidemment de Volodia ! Il interprète principalement les titres de son dernier album « Un Pied Sur Terre » sorti fin 2016, avec notamment ‘Sac à Dos’ dont le refrain est repris en cœur par le public, ou encore quelques titres de son ancien crew tel que ‘Alias’. Son set est bien travaillé et totalement maîtrisé, il fait danser les festivaliers et réchauffe clairement la grande salle avec son reggae français frais et moderne !

LMK prend le relais et est bien décidée à continuer dans cette ambiance, à faire danser et mettre le feu ! Avec sa jolie voix posée sur des intrus reggae, dancehall et hip hop, elle apporte une touche pimpante et girly à la soirée qui fait du bien, toujours dans cet objectif d’éclectisme. Elle nous présente son album « Highlights » sorti en octobre dernier ainsi que d’autres titres à succès tels que la reprise de ‘Shape Of You’ de Ed Sheeran en version dancehall ! Habituée de l’anglais, la chanteuse sort de sa zone de confort et se met petit à petit au français avec notamment une exclu qu’elle nous présente, un medley des classiques reggae des années 90, toujours en mode rubadub style et dancehall. Là encore, c’est frais et actuel et le public semble bien réceptif.

Place cette fois-ci à une légende du reggae jamaïcain, le grand King Kong ! Backé par Irie Ites et accompagné d’un tromboniste, nous assistons à un set de pur reggae chanté avec passion, énergie et une voix incroyable. Il chante bien évidemment ses titres incontournables, ainsi que les titres de son prochain album « Repatriation » tout juste sorti la veille sur le label Irie Ites et frôlant le digital et le dub. Un superbe moment, empli d’authenticité et de générosité, qui aurait mérité bien plus de monde et surtout un public un plus éveillé…

Le dernier duo à se produire ce soir et pas des moindre est Krak In Dub featuring Troy Berkley. Malgré la salle qui s’est désormais bien vidée, le duo est motivé et nous livre un set hip-hop qui dérive petit à petit en jungle. On alterne entre des tracks de Krak In Dub issues notamment de son dernier album « Amazonite » sur lequel il a d’ailleurs quelques featurings avec le MC, puis des tunes où Troy Berkley vient poser sa voix et son flow inimitables !

La soirée se termine à 3h, sans le freestyle final annoncé par manque de temps. Une soirée en mode reggae, dancehall et hip-hop avec principalement de jeunes artistes de la nouvelle génération, mais aussi quelques légendes du milieu. De quoi assurer une programmation diverse avec des artistes  tous aussi passionnés et généreux, et puis surtout une belle mixité culturelle… Car c’est ça aussi le reggae !

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

12 Déc 2017

Report by On The Roots : Musical Town @ Le Temps Machine, Joué-lès-Tours .

Le 9 décembre avait lieu la soirée Musical Town dans la salle Le Temps Machine à Joué-Lès-Tours (37). La soirée a été co-organisée par 4 associations tourangelles que l’on connait bien, Brigante RecordsODG PRODUnity VibesSmalla Connexion, et qui ont concocté une très belle programmation reggae / dub / dancehall / hip-hop avec une 20aine d’artistes !

21h, les portes du Temps Machine s’ouvrent pour accueillir les premiers arrivants. Pendant ce temps, African Heritage et Freedom Train de la Smalla Connexion proposent une sélection strictly vinyles roots, joués sur le sound system de Unity Vibes. On a pu entendre notamment une tune de Johnny Osbourne ainsi que ‘Wicked She Wicked’ du jamaïcain Billy Boyo alors âgé de 13 ans sur ce titre, une bonne ouverture pour se mettre dans l’ambiance !

Une demi-heure plus tard, la grande salle ouvre à son tour avec le tourangeau Tunatik. Il assure un warm up mixant roots avec des titres comme ‘Artibella’ de Ken Booth, reggae avec entre autres un titre de Romain Virgo, ou encore dancehall des années 90 avec ‘Bonafide Love’ de Buju Banton ft. Wayne Wonder… La salle se remplit petit à petit et se réchauffe sur les sons dansants !

Higher Light enchaîne sur la grande scène avec 3 titres d’intro dont un avec G-Rhyme General, nouvelle recrue de Brigante Records. Puis le MC Green Cross s’empare du micro et pose son flow sur du dub digital ou encore des tunes un peu plus hip-hop. Il commence avec le son ‘Sound Addict’ produit par Higher Light Prod, le public s’agrandit et est à fond avec le duo ! ‘Boom Skeng’ avec Atili Bandalero qui sera présent sur cette même scène dans la soirée met une très bonne ambiance dans la salle.

Pendant ce temps, au niveau du bar, les membres de Unity Vibes jouent une sélection de vinyles reggae / dub sur leur propre sound system qui envoie de belles basses. Le public semble vraiment apprécier ce coin un peu plus convivial et underground !

Côté scène, on retrouve la seule artiste féminine de la soirée Marina P accompagnée de The Radiators, un duo composé d’Alexis Bruggeman à la batterie et d’Olo aux mixs (on les a notamment connus dans le band de Biga Ranx* ainsi que dans leurs projets respectifs actuels dixiZ et Ondubground). La très jolie voix de Marina P se pose parfaitement sur les instrus aux sonorités reggae, roots, jazz ou encore soul. Leur EP de 4 titres fraîchement sorti sur le label ODG PROD est disponible en libre téléchargement, on vous le conseille vivement ! C’était aussi l’occasion d’entendre d’anciens titres de Marina P tels que ‘Mama Was Right’ avec les Mungo’s Hifi ou encore ‘Already Midnight’ avec Manudigital. Enfin, on a eu droit à un invité surprise puisqu’Art-X a débarqué sur la scène pour un featuring avec son mélodica, bien apprécié du public.

Grosse ambiance dans le bar qui est devenu pour le coup un peu petit par rapport au monde présent en attendant le changement de plateau. C’est Riddim Activist qui est au contrôle du sound system avec des productions reggae / dub, accompagné de Young Kulcha au chant qui cartonne !!

On retrouve Atili Bandalero perché à 2 mètres de hauteur, pour un set dub très aérien aux basses puissantes. On a pu entendre des titres de son dernier album « Cityscape » sorti en début d’année, une tune exclusive bien mad, le fameux morceau ‘Galong’ en featuring avec Joseph Cotton, Biga Ranx* et Green Cross ainsi que ‘One Big Forward’ avec Max Romeo. Le MC Adam Paris, originaire du Royaume-Uni mais lui aussi tourangeau désormais, est venu le rejoindre sur scène pour poser son flow hip-hop, c’était big !

Sur le Unity Vibes sound system, on retrouve le duo du Smashing Crew avec une sélection de dubplates aux basses bien puissantes malgré un son qui sature légèrement. Les adeptes du sound system style sont toujours fidèles au poste, la tête collée au mur en dansant !

Place au « Smalla Bashment » sur la grande scène, un enchaînement d’artistes du collectif Smalla Connexion dont African Heritage qui ont ouvert la soirée dans le bar, ainsi qu’Interlionsound. On a aussi pu entendre du pur reggae français avec Asha-B au micro interprétant ses propres compositions, suivi d’une sélection par Ride Di Vibes de tunes reggae / digitales / hip-hop venues d’un peu partout dans le monde, bien dansantes et animées avec passion et énergie !

Art-X prend le contrôle dans le bar pour une heure de DJ set avec exclusivement des productions du label ODG PROD, passant par du dub pur, de l’électro-dub avec notamment Panda Dub, du digital avec leur propre groupe Ondubground, ou encore du dubstep. Comme toujours, les sons sont d’une propreté et d’une qualité superbe, et une très bonne ambiance règne à l’approche de la fin de cette soirée Musical Town !

Il est suivi de Sanka qui fera une sélection hip-hop / dancehall pour clôturer la petite salle du bar, face à un public moins nombreux à cette heure tardive mais toujours aussi motivé !

Du côté de la scène, c’est Dawa Hifi qui clôture la soirée derrière les machines, avec des productions maisons ainsi que des remixs, sur lesquelles il pose sa voix de temps à autres. C’est du pur dub comme on aime, avec des basses puissantes… Une mention spéciale pour le remix de Roots Raid ‘Education Is The Key’ avec la voix de Shanti D, une tuerie !

Quelle belle grosse soirée cette Musical Town !! Une soirée bien spéciale puisqu’elle a été organisée par 4 crews tourangeaux aux styles musicaux divers mais avec une même cause : le partage de la culture musicale… Smalla Connexion, Brigante Records, Unity Vibes et ODG PROD se sont unis pour retourner la salle du Temps Machine de 21h à 5h avec une programmation riche, éclectique, de qualité et qui plus est principalement locale ! Près de 500 personnes étaient présentes pour partager ces bonnes vibes et au vu de l’ambiance et des sourires, la soirée a été bien appréciée. Quelles pépites nous avons dans notre belle ville de Tours, vivement la prochaine soirée avec cette fois-ci peut être une programmation un peu plus mixte ?!

L’aftermovie arrive bientôt… En attendant, retrouvez toutes les photographies de la soirée sur la page Facebook On The Roots !

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

25 Nov 2017

Report by On The Roots : Soirée Dub @ L’Escale, St-Cyr-s/Loire .

Jeudi 23 Novembre 2017 avait lieu un concert purement dub dans la salle de l’Escale à St-Cyr-s/-Loire (37). Co-organisé par Le Temps Machine et l’association Unity Vibes, on a retrouvé au programme Panda Dub, Brain Damage & Harrison Stafford, Ondubground et Rakoon !

Après 30 minutes d’attente dehors, les portes de la salle finissent par s’ouvrir à 20h. Nous sommes accueillis sur des sons reggae / dub joués par Unity Vibes depuis le fond de la salle aux côtés des ingénieurs sons.

La salle commence à se remplir quand Ondubground s’empare de la scène. Ce soir, ils sont présents tous les 4, formation que l’on adore, avec bien sûr Olo aux mixs et Art-X aux machines et mélodica, puis Guillaume aux percussions et Natty à la basse. Ils commencent avec le morceau ‘Critical’ en featuring avec Brother Culture extrait de l’album « Addvice » (2016), le son est d’une telle puissance et ils sont heureux de pouvoir jouer dans leur ville ! S’en suivent des titres tels que le remix de Danakil ‘Dub Again’ de l’album « Danakil meets Ondubground » sorti ce mois-ci, le très envoutant ‘Danube’ ou encore ‘Deep Frequency’ (« Addvice », 2016) en featuring avec Panda Dub et sur lequel Art-X s’empare de son mélodica. Ils en profitent aussi pour dédicacer des titres à Brain Damage et Rakoon, ainsi qu’à leurs amis tourangeaux Chill Bump. Ils terminent sur un autre remix de Danakil en mode dubstep, ‘EchoSysDub’, sous les applaudissements de la salle désormais bien remplie.

Après un interlude de 30 min par un selecta de Unity Vibes, c’est au tour de Brain Damage de prendre les commandes, et il commence en douceur avec une belle mélodie au saxophone avant d’envoyer petit à petit les percussions et les grosses basses. Il est ensuite rejoint par le légendaire Harrison Stafford (ancien membre de Groundation) qui s’empare des percussions mais surtout du micro avec sa voix si singulière. Ils sont ici pour présenter leur album « Brain Damage meets Harrison Stafford » sorti le mois dernier, et à eux deux ils forment une superbe alliance reggae / dub à la fois culte, moderne mais surtout passionnée ! Tandis que Brain Damage derrière sa console propose des sons de qualité et très travaillés, Harrison Stafford transmet des messages engagés et appelle, notamment avec le titre ‘Raw Talking Rebels’, à l’amour pour tous sans différences, puis à l’action après une année 2017 difficile… Une mention spéciale pour leur installation de lumières très jolie.

Au tour du très attendu Panda Dub pour qui tous ceux qui trainaient au bar et dehors rentrent en courant dans la salle afin de l’accueillir. Il attaque directement sur le tout premier titre de son dernier album « Shapes And Shadows » (2017) intitulé ‘Howl’ aux sons électro / dub intenses, envoutants, puissants et de qualité qui le caractérisent. Il nous promet un « moment de folie qui part dans tous les sens » et c’est peu dire… On entendra entre autres ‘Shankara’ issu du même album, des morceaux de l’album précédent « The Lost Ship » (2015) tel que ‘Milky Way’ ainsi que quelques titres aux sonorités hip-hop. Il profite de son titre ‘Bad Weather’ en featuring avec High Tone pour remercier les « papas » dans le milieu tels qu’High Tone mais aussi Brain Damage qui a joué juste avant lui. Sur sa chanson préférée ‘Unknown Attackle public est totalement déchaîné, puis Panda Dub termine sur l’incroyable ‘Danse Macabre’… Quelle énergie !

Chargé de clôturer la soirée, voici le jeune français Rakoon qui ouvre son set avec le magnifique titre

‘Warriors Of Light’ extrait de l’EP « From The Ashes » (2015) samplant les chants folkloriques de la BO du film « Le Temps Des Gitans ». La salle s’est un peu vidée après Panda Dub mais le public encore présent est à fond et semble conquis ! Il poursuit avec des titres de son album « Our Smiles » (2016) produit par ODGProd avec notamment ‘Dubbin’ Sailor’ puis le morceau ‘Exhale’ extrait de son tout dernier EP « Explorations » (2017). Son style est très éclectique, mélangeant électro / dub / trance mais aussi rock puisqu’il s’accompagne en live de sa guitare électrique… C’est totalement envoutant et psychédélique, parfait pour terminer la soirée !

Ce concert quasi-totalement consacrée au dub français a réuni de grands artistes avec Panda Dub, Ondubground, Brain Damage – accompagné du californien Harrison Stafford – et Rakoon. Leurs points communs ? Que des sons de pure qualité, puissants, travaillés et envoutant, ainsi qu’une passion incontestable partagée avec le public ! Cette collaboration entre Le Temps Machine et l’association Unity Vibes a fait son effet puisqu’elle a attiré 1000 personnes ce jeudi dans la salle très sympa qu’est L’Escale, proche de Tours. A quand la prochaine ?…

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots

15 Nov 2017

Report by On The Roots : Metropop Festival 2017 @ Lausanne .

Du 9 au 11 Novembre avait lieu la 17ème édition du Metropop Festival à Lausanne (CH). La dernière soirée était consacrée à la musique reggae avec au programme Dub Inc., Raging Fyah et Pablo Moses !

Après un premier soir pop/rock avec Asaf Avidan et Duck Duck Grey Duck, puis une deuxième soirée électro avec Gramatik, Hercules & Love Affair et The Blaze, place à la troisième soirée reggae ! Depuis trois ans maintenant, On The Roots est bien évidemment présent pour couvrir cette soirée et c’est avec impatience que nous mettons de nouveau les pieds dans la très belle salle Métropole de Lausanne (CH) dès l’ouverture.

Pour ouvrir la soirée, Djely Kouyaté prend place dans l’entrée de la salle pour nous proposer un concert d’une petite heure avec du chant, des percussions et de la flûte traversière, le tout donnant un superbe mélange aux sonorités africaines. De quoi nous faire voyager et nous mettre dans le bain pour la suite !

Il est 20h quand les portes de la grande salle s’ouvrent et le public rentre timidement. Très rapidement, le groupe jamaïcain Raging Fyah fait son entrée sur la scène et nous propose des titres tels que ‘Nah Look Back’ et le fameux ‘Barrier’ extraits de leur album « Destiny » (2014), ainsi que bien sûr les titres de leur dernier album en date « Everlasting » (2016). On a aussi pu entendre leur très belle reprise de ‘Milk and Honey’ de Dennis Brown disponible sur l’album « We Remember Dennis Brown ». Ce soir, c’est la dernière date de leur grande tournée qui les a menés jusqu’en Amérique, en Allemagne, en France, en Suisse et encore d’autres pays. Nous avons eu l’occasion de croiser leur route cet été au No Logo Festival (voir report) et c’est toujours un plaisir de les revoir. Le chanteur Kumar est toujours aussi souriant et sa voix toujours aussi juste et touchante, et c’est avec grand regret ce soir que leur bassiste n’était pas présent pour des soucis de santé. Leur live se termine sur le titre ‘I and I’ de leur tout premier album « Judgement Day: Music for the Rebels » (2011) sous les nombreux applaudissements du public remplissant désormais la salle.

Le temps du changement de plateau et on enchaîne avec le chanteur jamaïcain légendaire Pablo Moses accompagné de son band The Handcart. Dans la musique reggae depuis plus de 40 ans, il s’est fait connaître avec son album « Revolutionary Dream » (1975) enregistré dans le studio Black Ark du non moins légendaire Lee Perry. Depuis, il a sorti de nombreux albums et il continue dans la lancée puisque le dernier, intitulé « The Itinuation » et co-produit par Harrison Stafford (Groundation), est sorti cette année. Avec des titres comme ‘Open Your Minds’ ou ‘Living in Babylon’, on retrouve le Pablo Moses engagé de toujours, et son énergie est elle aussi au rendez-vous ! C’est du pur reggae roots jamaïcain et le public semble vraiment apprécier, en traversant la salle nous n’entendons que de bons commentaires.

Pour la suite, place au reggae français cette fois-ci avec un groupe que l’on ne présente plus : Dub Inc. ! Les deux chanteurs accompagnés des musiciens s’emparent de la scène devant une salle quasiment remplie et débutent avec le titre culte ‘Revolution’ de leur album « Paradise » (2013). Ils enchaînent ensuite avec d’autres titres que l’on connait tous et d’ailleurs chantés en cœur par le public avec entre autres ‘My Freestyle’ et ‘Murderer’ de l’album « Diversité » (2003) ou encore ‘Tout Ce Qu’Ils Veulent’ et ‘Dos à Dos’ extraits de « Hors Contrôle » (2010), puis bien sûr des titres de leur dernier album « So What » sorti l’année dernière. Comme à leur habitude, ils sont en pleine forme et mettent une ambiance de folie pour ce dernier soir du Metropop Festival en faisant danser et participer le public avec notamment le fameux jeu de les séparer en deux pour comparer les plus bouillants d’entre eux… C’était le feu !

Pour terminer cette troisième et dernière soirée du festival, place à une after party avec un DJ set du groupe lausannois The Broots pour ceux qui en ont encore la force après ces trois jours à la programmation éclectique et de qualité ! Cette année et ce depuis 2015, le Metropop Festival n’a malheureusement pas eu le succès escompté avec une 17ème édition à 3000 spectateurs sur les 3 soirs contre les 4000 minimum attendus (voir article 24heures.ch)…

Aucune date n’est encore annoncée pour 2018 mais de notre côté nous serions heureux de pouvoir y retourner une année de plus ! Alors peut être à l’année prochaine ?!

Texte : Manon Kaya & Kevin Buret – Photos : Kevin Buret / On The Roots

28 Oct 2017

Report by On The Roots : Festival les Nuits Courtes 2017 @ Fontenay-le-Comte .

Le week-end du 20 octobre 2017 avait lieu la première édition du festival Les Nuits Courtes à Fontenay-le-Comte (85). Niveau programmation, le festival a fait fort sur 3 soirs avec des artistes aussi bien cultes qu’émergeants, le tout dans les styles hip-hop / reggae / électro… Il y en avait clairement pour tout le monde !

Occupés la veille par la Supanight à Poitiers avec KillASon (voir le report), nous nous sommes rendus sur le site du festival Les Nuits Courtes pour leur deuxième soirée, le samedi. Et pour cause, 4 des artistes présents ce soir sont des artistes que nous suivons et apprécions particulièrement : Chill Bump, Jahneration, Biga* Ranx et Bigflo & Oli ! Sont aussi présents deux artistes que nous découvrons totalement : Sianna et Sopico. De quoi passer une belle soirée sur un site particulièrement bien aménagé, avec 2 scènes sur lesquelles s’enchaîneront les artistes, l’une sous chapiteau en accès libre et l’autre dans la grande salle René Cassin.

Les portes ouvrent avec un peu de retard et c’est sous la pluie qu’attendent les festivaliers malgré tout impatients et motivés ! Le temps de visiter un peu les lieux et c’est la rappeuse Sianna originaire de Bamako qui ouvre la soirée sous le chapiteau. Accompagnée de son DJ et d’un autre MC, la jeune femme petite et fine casse les apparences avec son énergie débordante et ses textes gentiment provocateurs et engagés ! Elle commence avec son titre ‘Traumatiser’ très actuel et continue avec les titres extraits de son premier album « Diamant Noir » sorti en début d’année. Les fans sont présents et à fond, ils chantent les paroles, dansent et sautent sur les tunes modernes avec un son particulièrement propre et de qualité. Le public est plutôt très jeune, la nouvelle génération des festivals est bien là…

Direction la grande scène pour accueillir le groupe Jahneration. Vus et entendus dans de nombreux festivals cet été, le duo de chanteurs accompagnés de leur band ne cesse de monter et le public est très nombreux au rendez-vous. Après une introduction instrumentale pour chauffer la salle, Ogach et Théo arrivent en chantant avec l’énergie et la joie de vivre qu’on leur connait sur le titre ‘Reggae Love’ extrait de leur premier EP « The Foreword », bien évidemment devant les bras levés des festivaliers. S’en sont suivi les titres de leur dernier album éponyme sorti il y a bientôt un an tels que ‘Come Aboard’ avec une belle participation du public ou encore ‘No Want’ débuté en douceur piano / voix (Théo) pour ensuite monter progressivement. Ogach s’empare de la scène et assure avec le titre ‘Only’ carrément hip-hop, accompagné de son acolyte pour quelques passages chantés, un très beau mélange… Ils sont heureux de jouer devant la nouvelle génération et leurs influences reggae / hip-hop / électro combinées à leur talent et leur rigueur indéniable sont efficaces, ça plait et ça rassemble !

Nous retournons sous le chapiteau pour l’artiste Sopico que nous découvrons. Le rappeur est backé par un DJ ainsi qu’un autre MC plein d’énergie et à la voix rauque et grave rappelant un peu celle de Joey Starr. Originaire de Paris, Sopico s’est mis à la musique depuis peu et nous livre du pur rap français sur des instrus typiques bien puissantes. On a aussi eu l’occasion d’entendre une tune fraîchement composée à Berlin plus douce en version guitare / voix. Le public très axé hip-hop ce soir est bien évidemment au rendez-vous, toujours aussi déchaîné, et se lance avec plaisir et amusement dans les pogos lancés par les artistes.

Les festivaliers se dirigent très tôt devant la grande scène pour ceux qui semblent très attendus ce soir… Bigflo & Oli ! A l’occasion de leur nouvel album « La Vraie Vie », la scène est superbement décorée avec des structures représentant une maison, la vraie vie quoi, ainsi qu’un écran en fond où passeront des animations pour chaque chanson. Leur DJ est haut perché sur la maison et il est accompagné d’autres musiciens au violoncelle, à la guitare, à la basse ou encore au clavier… Les jeunes frères toulousains arrivent sous les cris des festivaliers et commencent bien sûr par le titre éponyme de l’album, suivi de ‘La Vie Normale’. On a eu l’occasion d’entendre plusieurs chansons de leur premier album « La Cour Des Grands » sorti en 2015, telles que ‘Gangsta’, ‘Comme D’Hab’ et la plus connue de cette période ‘Nous Aussi’. Retour sur le dernier album avec entre autre le morceau ‘Salope’ plein d’émotions et qui se finit sur un magnifique duo violon / violoncelle, ou encore ‘Papa’ avec une intervention de Bigflo aux percussions et Oli à la trompette… Salsa time ! Un invité spécial et surtout un ami les rejoint ensuite, Wawad, champion de France de beatbox qui envoie du lourd. A l’occasion du titre ‘Ca Va Trop Vite’, ils font monter sur scène un volontaire du public, Romain, en le défiant de faire le passage extrêmement rapide que l’on a tous entendu… Et il s’avère que ce dernier le fait en one shot à la perfection devant les bouches bées de toute la salle. Pour faire monter le level, Bigflo & Oli augmentent le flow en le faisant encore plus vite que sur l’album tout en gardant une prononciation très propre et un rythme nickel, ils sont forts ! Ils terminent leur concert sur les tubes ‘Dommage’ et ‘Alors Alors’ chantés en cœur par le public. Leurs paroles sont actuelles, racontent des histoires qui nous parlent à tous et leurs instrus sont originales et mélodieuses… La magie opère !

Dernier passage sous le chapiteau pour ce soir pour retrouver le duo tourangeau Chill Bump avec Bankal aux machines et aux mixs puis Miscellaneous au micro. Ils débutent par le commencement avec le titre ‘The Memo’ issu de leur premier album « Ego Trip », puis le titre ‘Just A Sample’ de leur EP#4 « The Loop ». Outre leurs basiques, le duo vient surtout présenter son dernier album « Going Nowhere » sorti en début de mois avec notamment ‘Fuckwit’, le premier titre clippé. Chill Bump ce sont des instrus, des textes et des rythmes travaillés avec grande rigueur, ce sont deux génies du hip-hop urbain adepte du « Do It Yourself »… On vous conseille vivement !

Pour clore cette deuxième soirée du festival, place à un autre tourangeau (quelle belle ville !) avec Biga* Ranx. Les fans arrivent en courant pour être au plus près alors que son frère Atili Bandalero commence seul sur l’intro ‘Under The Water’ pour continuer à ambiancer tous ceux encore présents. Biga arrive ensuite accompagnée de Pauline Diamond pour les chœurs et commence avec l’un de ses nombreux titres cultes ‘Ordinary Day’. S’en suit le titre ‘Homegrown’ extrait cette fois-ci de son dernier album « 1988 » (son année de naissance) dont le clip est sorti récemment. La tune ‘Make It This Time’ produite par Kanka nous offre un pur moment de gros Dub comme on aime, puis Telly finit sur ses deux hits du moment ‘My Face’ et ‘Liquid Sunshine’ en douceur pour un réel moment suspendu et planant… Vapor Dub !

Pour une première édition, le festival Les Nuits Courtes a envoyé du lourd au niveau de la programmation sur 3 jours. Axés hip-hop, électro, reggae, dub, les artistes accueillis sont appréciés de beaucoup et ont permis au festival d’attirer un grand nombre de gens, toutes générations confondues. Pour notre part, nous avons passé un samedi soir vraiment agréable, tant musicalement qu’humainement, avec des artistes tous talentueux et uniques en leur genre. Que de bonnes vibes ! Ils ont mis la barre haute et nous espérons pouvoir revenir à l’occasion d’une deuxième édition…

Vous pouvez retrouver l’album photo intégral de la soirée sur la page Facebook On The Roots.

Texte : Manon Kaya – Photos : Kevin Buret / On The Roots